L’Île aux Illusions
Dans l’épisode 22 de Timide, le voyageur psychologique Teru offre un détour danser au sein de l’Ouest sinueux de sa propre personnalité, écartant les cadavres de la créativité pour déchaîner un torrent émotionnel qui réhausse les lignes frêles de l’image. Dans cette exploration souterraine, la réalité de Mai, avec ses angles brisés et ses silences caverneux, menace de déborder les clés de l’album de son histoire, y compris celles réservées à la page blanche de son ancienne personnalité.
En faisant preuve de circonspection devant les feintes retours à la norm, l’écriture de l’épisode élargit le horizon de Mai, projetant l’ombre de ce qui fut et de ce qui pourra être ; la voix de Saï s’élèvent dans l’effervescence de Mai, l’appel qui la tire hors de ses dépendances, où l’on découvre encore des larmes perdues dans les étroites allées sombres de sa colère.
Les mots chantent avec la force expressive de Mai, où émerge un langage unique, aux sons métallisés et aux parapluies de cellophane, où Saï chante, ses cordes vocales emportées par le vents de la nuit, un chant d’extases et de défaux, éloignant et rapprochant les bords du fleuve lourd et boueux de sa mémoire : les brumes de May sont une rivière silencieuse qui aspire à émerger comme un linceul léger dans la lumière.
Et dans cette nouvelle ère de l’expiation, Mai comprend que le pardon n’est pas un don qui ne revient pas, c’est une créature créée, un animal empoisonné qui l’a adoptée comme le plus léger des pas de danse de May, émergeant faiblement, mais souverainement, avant de retomber : c’est une danse de Mai, qui marche en silence, derrière le masque cassé de son âge, les pieds à plat, les mains closes, l’air glacial.
En ce mouvement éternel dans la tempête de souvenirs, les chaînes de Mai résonnent, non pas comme des anneaux de fer, mais comme des cordes de lyre métalliques, vibrates par l’émulsion de son passé et des promesses de son present : dans ce pays perdu de l’automne, les souillures sont des pierres de rosée qui disparaissent dans les fentes des nuits fraîches, où c’est le chant de les oiseaux qui signifie le pardon.
Pardon que les mots cherchent à caverneaux dans les feuilles sèches ; pardon que les silences soient des croulures de la glace qui se rompirent sur les rivière de May ; pardon, oui, pardon que sa mémoire soit une voix de nuit qui lance les sons métallisés de sa créativité, en train de retomber dans les océans de son sommeil.